
Year
Title
March 2025
Jérémy Chevalier: Révolutions
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Introduction
En janvier 2018, j’ai assisté à un spectacle, L’impression, de la compagnie Old Masters. Il avait lieu au Théâtre de l’Usine, à Genève. Jérémy Chevalier était parmi les artistes que Marius Schaffter, Sarah André et Jérôme Stünzi avaient invité-e-x-s à collaborer à cette pièce. L’impression se présentait comme une « chorégraphie thérapeutique ». Sur scène, l’espace était bleu ciel. Autour d’un polyèdre monochrome, ton sur ton, les personnages, dans des combinaisons rose chair pâle était masqués de formes aux protubérances organiques et coiffés de perruques rousses ébouriffées, y parlaient de guérison, effectuaient des rituels. On observait ces drôles d’êtres « de chair » se mettre à nu. Le discours naviguait avec ironie, mais aussi douceur, entre confession, profondeur philosophique et lieux-communs du monde du wellness. L’objet du spectacle était, je crois, d’être exposé à ces échanges et de voir un groupe tenter de se guérir. Au final, on était imprégné par ce tissage d’impressions, d’émotions et de couleurs. On était soi-même un peu guéri en retour. À l’issue de la pièce, je retrouvais les membres de la compagnie dans un restaurant du quartier des Pâquis. Là, marchant entre les tables, Jérémy, un casque sur les oreilles, enregistrait des sons. Il avait l’air concentré. Lorsque je lui demandais ce qu’il faisait, il me répondait simplement, avec un léger sourire aux lèvres : « je ne sais pas ». À l’écart des conversations, se tenant entre les allées du restaurant, l’artiste ne prêtait pas attention à l’animation autour de lui. Le regard tourné vers le sol, focalisé sur l’espace sonore, il écoutait.

Caroline Bachmann, Pleine lune, 2018. © Caroline Bachmann
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March 2025
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En janvier 2018, j’ai assisté à un spectacle, L’impression, de la compagnie Old Masters. Il avait lieu au Théâtre de l’Usine, à Genève. Jérémy Chevalier était parmi les artistes que Marius Schaffter, Sarah André et Jérôme Stünzi avaient invité-e-x-s à collaborer à cette pièce. L’impression se présentait comme une « chorégraphie thérapeutique ». Sur scène, l’espace était bleu ciel. Autour d’un polyèdre monochrome, ton sur ton, les personnages, dans des combinaisons rose chair pâle était masqués de formes aux protubérances organiques et coiffés de perruques rousses ébouriffées, y parlaient de guérison, effectuaient des rituels. On observait ces drôles d’êtres « de chair » se mettre à nu. Le discours naviguait avec ironie, mais aussi douceur, entre confession, profondeur philosophique et lieux-communs du monde du wellness. L’objet du spectacle était, je crois, d’être exposé à ces échanges et de voir un groupe tenter de se guérir. Au final, on était imprégné par ce tissage d’impressions, d’émotions et de couleurs. On était soi-même un peu guéri en retour. À l’issue de la pièce, je retrouvais les membres de la compagnie dans un restaurant du quartier des Pâquis. Là, marchant entre les tables, Jérémy, un casque sur les oreilles, enregistrait des sons. Il avait l’air concentré. Lorsque je lui demandais ce qu’il faisait, il me répondait simplement, avec un léger sourire aux lèvres : « je ne sais pas ». À l’écart des conversations, se tenant entre les allées du restaurant, l’artiste ne prêtait pas attention à l’animation autour de lui. Le regard tourné vers le sol, focalisé sur l’espace sonore, il écoutait.